vendredi, 14/8/2020 | 3:36 EDT
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Autre cas de contention à Maria

Un cas de contention récent dans la Baie-des-Chaleurs suscite un débat tranché entre plusieurs acteurs concernés.  Bleu FM résume ce cas complexe.

Suivant la soumission de la candidature du Département de psychiatrie de l’Hôpital de Maria par Droits et Recours Santé Mentale Gaspésie-les-Îles auprès de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec, cet organisme lui a décerné son prix citron annuel. Ce prix peu glorieux lui a été remis, selon l’organisme de promotion et de défense des droits, « pour avoir utilisé de manière abusive et non respectueuse des mesures de contrôle, telles l’isolement et la contention physique, et ce, sur de très longues périodes de temps auprès d’un individu vivant avec une problématique neurologique importante, sans égard au respect de ses droits fondamentaux.»

Le CISSS de la Gaspésie nous a indiqué dans un long courriel qu’il n’est pas question de commenter un cas précis pour des raisons de confidentialité soulignant toutefois se conformer à la loi en vigueur et, en cohérence avec ses valeurs humanistes, prône un usage exceptionnel et minimal des mesures de contrôle. «Dans cet esprit, nous sommes, lit-on, en réflexion permanente. Un nouveau protocole harmonisé au CISSS pour l’application des mesures de contrôle a été adopté et est en cours d’implantation. Ce protocole vise la réduction du recours à des mesures de contrôle par l’utilisation maximale des mesures de remplacement. Chaque cas fait l’objet d’une évaluation qui implique l’équipe multidisciplinaire, le patient et sa famille et vise à redonner le pouvoir au patient sur les situations difficiles. » Il n’est jamais satisfaisant, lit-on plus loin, pour nous de contentionner un usager autant dans les services de santé physique que de santé mentale. Le CISSS comprend qu’il soit particulièrement «choquant d’user de contention dans le cas d’un patient bien portant physiquement et qui ne peut exercer son libre arbitre étant dans un état de détresse avancé et nous n’y recourons que pour protéger le public incluant les autres patients et le personnel. Certaines situations sont inévitables. Dans ces situations, les mesures de contention sont appliquées en respectant le protocole en vigueur et les ordonnances des tribunaux concernés.»

La directrice générale de Droits et Recours Santé Mentale Gaspésie-Les-Îles, Anick Lepage, a tenu à rappeler que ce cas de contention est le troisième en dix ans pour l’Hôpital de Maria et que les intervenants de son Département de psychiatrie «persistent à utiliser ces mesures de manière inadéquate.» Selon elle, les pratiques utilisées laissent croire davantage à un isolement préventif et/ou administratif plutôt qu’une véritable mesure de protection, tel que prévu par la Loi, ajoute-elle tout en répliquant sèchement au CISSS.

 

Pour sa part, le président de Syndicat des infirmières de l’Est-du-Québec (SIIIEQ), Pier-Luc Bujold, refuse aussi de commenter ce cas précis, mais il admet que ses membres, qui sont en première ligne, font face à des cas d’agressions dans les établissement de santé en Gaspésie par des gens aux prises avec des troubles psychiatriques.

 

À noter que selon les dernières données de la CNESST, le métier d’infirmière est celui qui est le plus à risque dans ce type d’agression.