samedi, 23/2/2019 | 1:41 EST
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Mort d’un travailleur : le patron est encore chaviré

Chez Actibec, une entreprise située à Grande-Rivière Ouest, la mort en service de Gino Wafer, voilà quelques mois, est encore vive dans les mémoires, alors que le rapport de la CNESST vient tout juste de tomber. Notre journaliste Thierry Haroun est allé rencontrer la direction de l’entreprise qui est encore ébranlée par cette tragédie.

La personne que vous venez d’entendre est Gaston Roy, le directeur de l’entreprise qui emploie une soixante de personnes aux prises avec une déficience physique ou en santé mentale. Il nous a reçu hier dans ses bureaux à la lumière du rapport de la CNESST, rendu public quelques minutes plus tôt, portant sur ce tragique accident qui a enlevé la vie au conducteur de chariot élévateur Gino Wafer, le 26 juin dernier, lui qui était dans la cinquantaine avancée. 

Que dit le rapport

Le jour de l’accident, le cariste déplaçait des palettes de bois à l’aide d’un chariot élévateur dans la cour arrière de l’établissement. Après avoir déposé une de ces palettes, il a amorcé une manœuvre de recul qui l’a amené en bordure d’un talus. Les deux roues gauches du chariot se sont alors retrouvées sans contact avec le sol et celui-ci s’est renversé. Le cariste, ne portant pas de ceinture, a alors été éjecté du poste de conduite, puis écrasé par le cadre de protection de la cabine du chariot. Des collègues ont trouvé M. Wafer et utilisé un autre chariot élévateur pour le dégager. Il a été transporté dans un centre hospitalier où il est décédé des suites de ses blessures quelques jours plus tard.

L’enquête a permis à la CNESST de retenir trois causes pour expliquer l’accident, dont l’absence d’une méthode de travail et de supervision qui a conduit à la non-utilisation du système de retenue présent et fonctionnel sur le chariot élévateur.

À la suite de l’accident, la Commission a interdit l’utilisation du chariot élévateur et a demandé à l’employeur, Les Ateliers Actibec 2000 inc., de le faire inspecter par une firme spécialisée. La Commission a exigé que le talus soit réaménagé pour éliminer le danger de renversement des véhicules pouvant y circuler. Elle a aussi demandé à l’employeur de procéder à l’aplanissement des voies de circulation de la cour arrière de l’établissement et d’implanter une procédure d’inspection avant l’utilisation des chariots élévateurs. L’entreprise s’est depuis conformée à ces exigences et bien plus, rappelle non sans émotions, Gaston Roy qui considérait Gino Wafer comme un frère.