vendredi, 22/3/2019 | 10:04 EDT
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Mort par noyade à Percé

Le femme retrouvée morte sur une plage de Percé au printemps dernier serait morte par noyade, selon le rapport d’investigation du Coroner, dont Thierry Haroun, notre journaliste, a obtenu copie.

Le 9 avril dernier, vers 11 h 20, une femme a été retrouvée sur une plage près du Mont-Joli en face du rocher par un citoyen qui faisait de la planche à pagaie. Elle était sur le dos, à moitié dans l’eau. Elle était en arrêt cardio-respiratoire au moment de sa découverte. Quand Bleu FM est arrivé sur les lieux quelques minutes plus tard, une ambulance et un véhicule de la SQ était place. Les autorités policières avaient délimité les lieux en attendant la venue d’enquêteurs, de pompiers et de l’Unité de sauvetage du Rocher-Percé qui avec une embarcation gonflable est allé récupérer le corps, une opération qui a duré environ deux heures. Une fois récupéré, le corps a pris le chemin de l’hôpital de Chandler où son décès a été constaté à 17h pour ensuite se diriger au Laboratoire de science judiciaires et de médecine légale de Montréal. À noter qu’il n’y a pas eu de manœuvre de réanimation vu la rigidité cadavérique.  Depuis, le coroner affecté au dossier s’est mis au travail et près d’un an plus tard, il publie ce que nous en main aujourd’hui et qui tient sur trois pages.

Ainsi, c’est Jyothi Pillay, 27 ans, originaire de Bristol au Royaume-uni qui a été trouvée inerte. Date présumée du décès: 8 avril 2018. Deux jours plus tard, un examen externe a été fait au Laboratoire de sciences judiciaires. Aucune lésion traumatique contributive au décès n’a été observée. Dans son rapport, le pathologiste a décrit la présence de spume dans le larynx ainsi qu’un aspect distendu des poumons pouvant être suggestif de noyade. Il est noté de plus que la teinte rosée du sang était vraisemblablement causée par le froid. Aucune autre lésion contributive au décès n’a été observée.  Selon les analyses toxicologiques, il n’y avait pas d’alcool dans le sang. Aucune substance n’a été détectée dans les liquides biologiques.

Maintenant, selon le rapport de la Sureté du Québec de Chandler, aucun élément criminel n’a été détecté. Aucune lettre de suicide n’a été retrouvée. MmePillay était d’origine indienne, mais de nationalité britannique. Toujours selon le rapport du Coroner, l’enquête a permis de suivre le parcours de la jeune femme depuis son arrivée à Montréal le 27 janvier 2018. Elle est demeurée à Montréal jusqu’au 30 mars . Elle a ensuite pris le transport en commun pour se diriger en Gaspésie où elle est arrivée le jour même. Elle a habité à divers endroits à Gaspé jusqu’au matin du 7 avril. Elle a acheté un sac de couchage en matinée puis s’est déplacée en auto-stop en direction de Percé. Elle a été laissée sur la rue Picard vers 14 h par les deux dernières personnes qui l’avaient prise en auto-stop et qui sont les dernières à avoir eu contact avec elle avant son décès. Elle était joyeuse et de belle humeur, selon les témoignages. Elle s’est ensuite dirigée vers la plage dans le secteur où elle fut retrouvée sans vie.

Elle n’a pas fait d’autre transaction avec ses cartes de crédit après l’achat du sac de couchage. Cette information permet donc d’établir une date probable de décès au 8 avril. La rencontre des témoins qui l’ont croisée et les achats qu’elle a effectués laissent croire qu’elle avait l’intention du faire du camping sauvage sur le bord de la page à Percé. Les objets retrouvés près d’elle confirment cette hypothèse. Les rapports d’expertises du technicien en scène de crime ainsi que les résultats de l’autopsie éliminent la possibilité qu’elle ait été victime d’un geste de nature criminelle. L’hypothèse retenue est celle de la noyade accidentelle. Elle se trouvait dans un secteur où les marées peuvent cerner les gens. Les conditions hivernales et l’eau très froide ont probablement contribué à la noyade. Elle avait une méconnaissance des dangers sur les glaces et elle a pu faire preuve d’imprudence face à ces conditions.  À la lumière de l’investigation, puisqu’aucune lettre de suicide n’a été retrouvée, la thèse de la noyade accidentelle est retenue par le Coroner