lundi, 19/8/2019 | 9:11 EDT
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New Carlisle: une prison très spéciale

Les programmes offerts à la prison de New Carlisle sont aussi vastes qu’éclatés allant du simple cours de mathématique à la critique de cinéma. Bleu FM présente le dernier de cinq reportages sur ce centre de détention provincial.

Karen Champagne est chef d’équipe des programmes de cette prison qui peut accueillir jusqu’à 110 contrevenants. Ces derniers ont accès à une panoplie de cours et de services. Mme Champagne parle avec passion de son métier qui visiblement l’enrichit. Elle se plaît à dire que malgré sa petite prison, celle-ci offre autant sinon davantage de cours que dans des centres de détention beaucoup plus grand. Et pour cause, on y offre un cours en critique cinématographique et un cours de création musicale avec à la clé la possibilité d’endisquer un album derrière les barreaux. D’ailleurs, votre le journaliste de Bleu FM est parti avec un album produit in situ avec un livret à l’intérieur. Une formation en arts plastiques est aussi disponible. D’ailleurs, des oeuvres grand format, aux couleurs vives, issues de ces cours, décorent les murs de la cour extérieure des prisonniers. Des oeuvres qui, soit dit en passant, tutoient des barbelés situés en surplomb. Un détenu peut aussi s’exprimer dans le journal de la prison, assister à des sessions d’alcooliques anonymes ou encore s’inscrire à D-JAM (nommé par un ex-détenu) qui vise à prévenir la rechute de toute dépendance aux drogues, aux jeux, aux médicaments ou à l’alcool.

L’atelier de bois est l’autre spécificité du centre de détention en cela que les cours (bois d’allumage et bois de chauffage) se donnent hors les murs de la prison dans un bâtiment qui y est consacré avec toute la sécurité qui encadre les criminels. Il est également possible pour les prisonniers d’obtenir pendant leur sentence des cartes de compétence comme signaleur routier, conduite de chariot élévateur, en hygiène et salubrité ou encore en sécurité dans les chantiers de construction, rappelle Mme Champagne qui dirige une équipe d’experts, dont un agent de probation, un agent de liaison en liberté conditionnelle et un conseiller en employabilité. Ces cartes de compétence sont d’ailleurs financées à même le Fonds des détenus du Québec.

Maintenant, on y offre aussi le programme Parcours qui est  disponible dans l’ensemble du milieu carcéral de la province. Qu’en est-il?

 

Un détenu peut aussi sortir de cette prison avec un diplôme du fait qu’on y offre des cours de français, mathématiques et sciences. On peut entendre à nouveau Mme Champagne.

 

Les criminels autochtones de la Gaspésie y trouvent aussi leur compte alors que la prison a depuis plusieurs années une entente spécifique avec les trois communautés micmaques de la région. Une collaboration vise entre autres une réinsertion sociale par l’entremise de travaux communautaires en réserve. Les Micmacs ont aussi accès à un Sweat Lodge en compagnie d’un sage de leur communauté (Elder). «C’est une tente située dans sur le terrain de la prison. C’est un processus culturel de sudation. Un processus qui suit les quatre points cardinaux. C’est une forme d’épuration», précise Mme Champagne.

De manière globale, on s’occupe des détenus de sa rentrée à sa sortie de sorte à lui faciliter le mieux possible sa réinsertion sociale.

 

(Sur la photo  – Karen Champagne)

Un reportage de notre journaliste Thierry Haroun