Face aux coupures envisagées dans la fonction publique par les partis politiques, le Syndicat canadien de la fonction publique a tenu hier à faire une mise au point concernant la surenchère de ces compressions.
Selon l’organe syndical, le discours de la quasi-totalité des partis dans cette course aux abolitions de postes menace des fonctions vitales de l’État. Comme les commissions Charbonneau et Gallant l’ont démontré, l’expertise interne est indispensable pour contrôler les coûts des projets de toute envergure et prévenir la collusion et la corruption.
Le manque de personnel et la perte d’expertise
« Le manque de personnel et la perte d’expertise ont pu créer un terreau fertile pour la collusion » est la première recommandation émise par la commission Charbonneau en novembre 2015, soit de doter le Québec d’une Autorité des marchés publics, rappelle le syndicat.
Quant à la commission Gallant découlant du scandale de SAAQclic, poursuit le SCFP, elle a constaté que faute d’expertise, la SAAQ s’était rabattue sur des ressources externes du début jusqu’à la fin du projet. Sa recommandation phare prescrivait que Québec s’éloigne des firmes externes et se dote d’une expertise interne de pointe pour la transformation numérique. Pour cela, il faut que le Québec embauche le personnel en quantité suffisante, rémunéré selon les barèmes du marché et détenant l’expertise requise.
Tendance au dénigrement
« Depuis quelques décennies, au Québec, les principaux partis politiques ont tendance à dénigrer sans nuance les employés de l’État avec un discours simpliste qui, au final, sape l’efficacité réelle de l’État », faut valoir Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP est présent dans 12 secteurs d’activité.







